Vivre à Castelnau d'Auzan

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 revue de presse

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Geneviève
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Date d'inscription : 06/05/2006

MessageSujet: revue de presse   Jeu 19 Juil - 22:21

reçu avec ce commentaire
"ça me fait penser à..."
je sais, c'est long.... c'est Le Monde....


« Adjugé ! » Un hameau en Toscane
Article paru dans l'édition du 15.07.07
La Touristik Union International, no 1 des tour-opérateurs en Allemagne, a acheté Castelfalfi, village médiéval. Objectif : construire un domaine de loisirs pouvant accueillir 3 200 vacanciers

Qui connaît Montaione ? Un Italien serait bien en peine de situer cette commune sur une carte de Toscane. San Gimignano et ses hautes tours médiévales, oui. Montalcino, sa forteresse, la robe rouge de son inimitable Brunello, aussi. Mais Montaione, village anonyme à l'écart des routes du Chianti, il faut être allemand pour en faire la capitale de la Toscane. Depuis plusieurs décennies, c'est une destination de vacances unanimement prisée de Hambourg à Munich, à Francfort comme à Berlin. Des couples et des familles, plutôt à l'aise financièrement, y louent des villas, des fermes ou de simples chambres, avec vue et piscine, pour des séjours de total farniente.

Personne ne s'est étonné, il y a quelques semaines, quand la Touristik Union International (TUI), le plus grand tour-opérateur d'Allemagne et d'Europe, a annoncé le rachat de l'un des hameaux de la commune, Castelfalfi, un petit bourg médiéval au milieu de 1 100 hectares de vignes, d'oliviers et d'horizons de carte postale. Les Allemands comptent y investir 250 millions d'euros pour en faire un immense domaine de loisirs pouvant accueillir 3 200 vacanciers à la fois. « C'est le plus grand projet touristique de l'histoire de la TUI et de la Toscane tout entière », exultait alors Michael Frenzel, le président de l'agence de voyages.

L'annonce a suscité un certain émoi, quelque temps seulement après qu'une autre affaire d'investissement immobilier, plus au sud, dans la région de Sienne, eut provoqué une forte mobilisation pour la protection des paysages toscans. Il s'agissait, là, de la construction d'un lotissement haut de gamme d'une centaine de maisons à Monticchiello. Prévue de longue date, l'opération a été en partie bloquée par le ministre de la culture après les protestations de riverains célèbres et d'associations de défense de l'environnement.

Cela n'a pas empêché la région de donner son feu vert, le 26 avril, à une société monégasque, la Heritage Petroleum Plc, pour effectuer, dans cette même zone du Val d'Orcia et du Chianti, des... forages de recherche de méthane. Devant la levée de boucliers, l'administration régionale a fait machine arrière, et les permis ont été annulés fin juin. Ces précédents incitent à la prudence tous les protagonistes de l'opération à Castelfalfi. Après les premières proclamations un peu triomphalistes, plus personne n'avance de chiffres, ni de date, concernant le futur « Toscana Resort Castelfalfi ». L'échéance de 2009 pour les premiers clients n'est déjà plus à l'ordre du jour. « Nous n'en sommes qu'au début d'un long processus de concertation avec l'investisseur et toutes les institutions régionales concernées », avertit Paola Rossetti, la maire de Montaione. Ce n'est pas le premier projet de développement touristique à Castelfalfi. Aucun n'a vraiment décollé. Le précédent, lancé par une entreprise de Milan, n'a laissé pour traces qu'un hôtel trois étoiles à l'architecture passe-partout, un restaurant qui vivote et un terrain de golf sous-utilisé.

Aujourd'hui, le hameau tombe en ruine, à l'image de sa petite église romane (1511) dont le toit s'est effondré l'an dernier. Les herbes folles courent entre les maisons de pierre, blotties autour d'un château massif datant du VIIIe siècle. L'édifice a connu sa dernière heure de gloire en 2002, lorsqu'il servit de cadre à plusieurs scènes du film de Roberto Benigni Pinocchio. Dans ce « paradis », il ne reste plus que quatre ou cinq habitants fantomatiques, partagés entre la nostalgie du village de leur jeunesse et l'envie de le voir renaître.

Sur le pas de sa porte, Tina résume : « J'habite là depuis quarante-cinq ans avec mes fils ; avant nous étions soixante familles. » Elle ajoute, pas franchement inquiète : « Je sais qu'ils veulent me déloger parce qu'ils vont tout restructurer ici. Mais des projets, nous en avons déjà connu. Maintenant, c'est au tour des Allemands, nous verrons bien. »

TUI compte restaurer le château et les 35 maisons du bourg, les transformer en résidences de charme, construire des restaurants, des hôtels, divers équipements sportifs. Le golf de dix-huit trous, par exemple, sera doublé pour accueillir des compétitions internationales. « Castelfalfi a une histoire, mais il est abandonné depuis des décennies, notre projet est de le faire revivre, nous n'avons pas l'intention d'en faire une enclave », plaide la représentante italienne de TUI, Rosanna Toschi. Elle est convaincue, comme elle vient de le faire, que les familles des futurs employés s'installeront sur place pour former un nouveau noyau de population permanente.

Pour l'instant, sa mission est de convaincre en douceur les autorités locales, en particulier la mairie, où a été déposé un premier « projet de faisabilité ». Le resort allemand, affirme-t-elle, utilisera des sources d'énergie propres et renouvelables ; il servira à ses hôtes des produits du terroir fournis par les 30 hectares de vignes, les 8 000 plants d'oliviers et les divers troupeaux devront continuer à être entretenus sur le domaine. La municipalité tient à ce volet agricole dans le calcul des retombées économiques : « Nous évaluerons le projet à l'aune de la protection du paysage dont nous sommes garants, précise Paola Rossetti, madame le maire. Mais nous voulons un développement d'excellence qui conjugue le respect du patrimoine et des valeurs de la Toscane avec la nécessité de préparer l'avenir de notre jeunesse en lui proposant des emplois qui ne soient pas précaires. »

Avant que soit proclamée l'omerta générale sur les données chiffrées, on parlait de 3 000 emplois directement ou indirectement créés dans la commune par l'arrivée du « Toscana Resort Castelfalfi ». Une aubaine qui n'échappe à aucun des 3 600 habitants de Montaione. Chez les marchands de journaux, où les présentoirs débordent de quotidiens et de magazines allemands, comme aux terrasses des bistrots, aucune condamnation de « l'invasion germanique » ou du « bradage d'un morceau du pays » redoutés par une partie de la presse. Au contraire. La commune est immense, et sur les 104 kilomètres carrés de son territoire, elle propose déjà à la location plus de 3 000 lits entre mars et novembre. « Cela en fait la plus grande capacité hôtelière de Toscane après Florence », précise-t-on à l'agence allemande Siglinde Fischer, établie depuis un quart de siècle dans le centre du bourg et qui commercialise à elle seule un réseau de 1 200 lits.

Siglinde et Karl Fischer fréquentent Montaione depuis plus de trente ans. Dans les années 1970, le couple prenait ses congés d'été dans le hameau de Tonda, qui avait été racheté (déjà) par un opérateur de tourisme suisse pour en faire une résidence de vacances. Une année, ne trouvant pas de place, ils durent loger chez un particulier. Celui-ci leur demanda ensuite s'ils pouvaient lui envoyer des amis. Ce fut le déclic pour les Fischer, dont le mari était à l'époque au chômage.

Commencée artisanalement, l'activité de location s'est rapidement développée après un accord avec un promoteur immobilier local. La notoriété de Montaione en Allemagne doit beaucoup au catalogue de séjours de charme de l'agence Siglinde Fischer.

« La réalité touristique de Montaione a beaucoup changé depuis que nous avons loué à un prêtre notre première chambre, en 1983, par le biais d'une petite annonce dans Die Zeit », raconte la fondatrice. L'arrivée de TUI et le doublement probable de la capacité hôtelière ne l'inquiètent pas : « Il n'y aura jamais de tourisme de masse ici, c'est une destination réservée à une certaine élite. Celui qui vient en Toscane y vient par goût pour son art de vivre et sa culture », assure Fräulein Fischer. Du jardin de sa propre maison de vacances, elle balaie d'un geste large le paysage de rêve : « Le territoire de la commune est si vaste que la pression touristique restera indolore. »

Les promoteurs du futur domaine de Castelfalfi en sont convaincus : « 3 000 personnes sur un domaine de 1 100 hectares, ce n'est rien. Il faudra même bien chercher pour les repérer », sourit Mme Toschi. L'endroit ne deviendra pas un village-club fermé, vivant en autarcie. « Notre offre sera multiple, à destination de plusieurs types de clientèle : familiale, sportive, mais aussi culturelle », précise-t-elle.

Perché sur sa colline, Castelfalfi bénéficie d'une position stratégique, à équidistance de Florence, Sienne et Pise. « Nous espérons aussi attirer une clientèle de passage », souligne la représentante de TUI, rappelant que les rues du vieux bourg, les places, l'église, etc., resteront du domaine public.

Le président de la région refuse de « diaboliser a priori » le projet du groupe allemand. « Il faut faire preuve d'un peu de courage politique, explique Claudio Martini. La Toscane a l'une des législations les plus restrictives en matière de protection du paysage, mais protéger ne signifie pas qu'il ne faille toucher à rien. Le paysage toscan est le moins naturel du monde. Il n'y a pas un centimètre carré qui ne soit le fruit de l'intervention de l'homme. » Pour lui, le danger que court la Toscane est avant tout « l'immobilisme ». « Notre génération peut-elle laisser des signes positifs sur ce territoire, s'interroge le président de la région, ou bien ne sommes-nous pas autorisés à faire quoi que ce soit ? » Une partie de la réponse appartient aux quelque 108 comités de défense de l'environnement et du paysage que compte la Toscane. Agissant jusque-là en ordre dispersé, ils se sont rencontrés pour la première fois le 30 juin à Florence. Désormais, ils font partie du paysage.
Jean-Jacques Bozonnet
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